Petite histoire de l’évolution constructive du mur

lundi 18 juillet 2011, par Nadine

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Le mur a fortement évolué au cours des siècles. Le mur « traditionnel » était généralement épais et constitué de matériaux « massifs ». L’entre-deux-guerres voit apparaitre le « mur creux » qui dissocie la fonction porteuse de celle de protection contre les agressions extérieures. Suite à la première crise pétrolière des années ’70, le mur intégré joue un nouveau rôle : celui d’isolation thermique avec l’apparition puis la généralisation de l’isolation des coulisses.

On peut donc, d’une façon « empirique », déduire la composition d’un mur en fonction de son époque de construction.

- Le mur massif et très épais :

Souvent des constructions vernaculaires (18e, 19e ou tout début 20e siècle)

Constitué de matériaux issus des ressources locales : bois, terre crue ou cuite, pierre…

- Le mur plein en briques :

Fréquent jusqu’aux années ’50

Matériaux traditionnels (bois, terre cuite et pierre) auxquels s’associent des matériaux industrialisés (fonte, acier, béton, terre cuite hourdée…).

Le début du 20e siècle se caractérise par une grande richesse de détails au niveau des façades qui tend à disparaitre au fil du temps avec une mise en œuvre plis « lisse »

- Le mur creux de première génération : (mur creux ancien)

Apparu durant l’entre-deux-guerres.

Les 2 parties du mur extérieur sont écartées de l’ordre de 5 cm avec des liaisons en maçonnerie ou béton fréquentes entre la partie porteuse et le parement (au niveau des planchers, des linteaux, des baies…). Ces points de contacts ne sont pas toujours protégés par une barrière contre la pénétration des pluies, ce qui provoque des problèmes d’humidité et constitue des ponts thermiques pouvant générer des dégâts constructifs.

Les briques de ventilation posées en haut et au bas des murs peuvent constituer des entrées d’eau lors de fortes pluies. En maçonnerie ou en béton.

En France, ce mur est parfois inversé, avec pour face extérieure un parpaing porteur protégé par un enduit, une coulisse d’air et comme face intérieure une brique plâtrière destinée à recevoir le plafonnage.

- Mur creux deuxième génération :

Les murs creux « modernes » (à opposer au mur creux ancien ci-dessus) date des années 1950-1960.

Les ponts thermiques y sont assez nombreux : linteaux monolithes, contact entre la maçonnerie de parement et le mur intérieur au droit des baies, contact entre le seuil de fenêtre et le mur intérieur… Dans ce type de mur, en plus des membranes placées à chaque interruption de coulisse, des barrières d’étanchéité étaient normalement placées aux points de contact entre les parois extérieures et intérieures du mur creux de manière à empêcher le transfert d’humidité vers l’intérieur.

- Le mur creux de troisième génération :

Se généralise dans les années ‘70.

Les murs porteurs sont uniquement solidarisés au parement par des ancrages ponctuels réalisés au moyen de crochets en acier.

- Le mur creux isolé :

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Se généralise dans les années ’80 ((1985 : 1re réglementation thermique en Wallonie : impose un niveau global d’isolation thermique de maximum k70).

En plus de ses fonctions de porteur et de parement, le mur intègre un rôle d’isolation thermique.

II présente une isolation partielle ou totale de la coulisse.

- Le mur en maçonnerie pleine isolante

Plus récente, cette technique emploie des éléments tels que le béton cellulaire, les monoblocs… et nécessite souvent une finition de protection extérieure.

- Autres

Mur en béton armé coulé in situ ou en panneau préfabriqué de béton armé ou de bois avec isolant, en ossature bois…